c - César et Bourges

       Le  Siège d’Avaricum  en 52 avant J.C.

               selon le B.G.de Jules César

 

 

Les sources de ce document sont : Le B.G. de César pris comme document de base/référence, agrémenté par les commentaires  de Dion Cassius. Nous avons utilisé les cartes IGN, BRGM, Cassini.

Notre interprétation du B.G. a été influencée par  celle de Camille Jullian  (histoire de la Gaule  livre  12 ; chap 7 et 8) et les études de André Berthier complétées par celles de Jacques Berger ( cf  revue de l’Association A.L.E.S.I.A.  été 2000 )

 Nous n’avons pas trouvé d’autres  données archéologiques sérieuses.

un rappel protohistorique : vers 650 av J.C. , Tite Live écrit que  AMBITIAGOS, roi des Bituriges installe son peuple vers Avaricum et mentionne également que ces guerriers étaient au sac de Rome avec Brennos en moins 390 . César doit avoir cela en mémoire.

Le lecteur pourra prendre en compte le fait que notre préférence va plutôt vers la présentation de J Berger que celle de C Jullian.

                                    

L’intérêt de cet événement réside dans les constatations suivantes:

1   c’est entre sa défaite de Noviodunum et Avaricum que Vercingétorix met en pratique sa tactique de la Terre brulée qui est une version dynamique - mais extrême - de la guérilla, bonne pour ses cavaliers.  Le refus de son application par les Bituriges de cette technique du faible a retardé l'issue  de cette guerre.

2   Il illustre l’importance de la position  de Bourges et Orléans dans la Gaule

Note liminaire  --le site d’Avaricum :   nous avons respecté la tradition comme le B.G.qui  met la capitale des Bituriges Cube sur L’Avara des Gaulois ( l’Yèvre d' aujourd’ hui) oppidum qui a été remplacé ensuite par Bourges,  capitale ultérieure des Bituriges.

 Habituellement, les villes détruites volontairement  par les Romains n’étaient pas reconstruites sur le même  emplacement, surtout pour des raisons pratiques et sanitaires. C’est une faiblesse de l’interprétation officielle. Il y a donc question dans l’interprétation du B.G. pour la localisation du site

N.B. Gorgobina était, depuis la défaite des Helvètes 5 ans auparavant, le centre du pouvoir des Boïens, oppidum récemment fortifié. La capitale ancestrale de ce peuple dont ils étaient issus était dans la Hongrie d’aujourd’hui.

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Extrait de la Carte  de  la   Gaule   par L Constans dans le tome I de l’édition des Belles Lettres

Le texte en rouge= lieux  cités dans le B.G.  


Rappelons que les Bituriges restent sur la rive  gauche de la Loire et que les Lingons à l'inverse des Héduens + Boïens sont sur la rive droite. Ils ont une frontière commune au niveau de Sancerre. La position de Gorgobina doit être recherchée vers Nevers.                                          Lingons et Héduens sont dans la mouvance romaine

 

 

 

Entrée en matière

Le texte de César   traduction L Constans  B.G. livre  VII  chap XI à XXVIII

Chap XI   ….César brûle et pille la ville (Genabum ), fait don du butin à ses soldats, passe la Loire et arrive au pays des Bituriges.

 Prise de Noviodunum    

 Chap XI     Dès que Vercingétorix est informé de l’approche de César, il lève le siège de Gorgobina et se porte à sa rencontre. Celui-ci avait entrepris d’assiéger une ville des Bituriges, qui se trouvait sur sa route. La place lui ayant envoyé des députés pour le supplier de pardonner et d’épargner la vie des habitants, soucieux d’achever sa tâche en allant vite, méthode qui lui avait valu la plupart de ses précédents succès, …….

Chap XIII  ….     Ayant terminé cette affaire, César partit pour AVARICUM, qui était la ville la plus grande et la plus forte du pays des Bituriges et située dans une région très fertile : il pensait que la prise de cette place lui soumettrait toute la nation des Bituriges.

Vercingétorix adopte une tactique nouvelle

Chap XIV  ……… Chap XXV    ………….

Siège d’Avaricum

Chap XVI  . Vercingétorix suit  César à petites étapes et choisit pour son camp une position couverte par des marécages et des bois, à 16 mille pas d’Avaricum. Là un service régulier de liaison lui permettait de connaître heure par heure les péripéties du siège et de transmettre ses ordres. Il guettait nos détachements qui allaient chercher du fourrage et du blé, et si poussés par la nécessité, ils s’avançaient un peu trop loin, il les attaquaient et leurs causaient des pertes sensibles, bien qu’ils prissent toutes les précautions possibles, ne sortant pas à intervalles réguliers ni par les mêmes chemins.

Chap XVII    César campa devant la ville du coté où les cours d’eau et les marais  laissaient, comme nous l’avons dit, un étroit passage, et il entreprit de construire une terrasse, de faire avancer des mantelets, d’élever 2 tours ; car la nature du terrain interdisait la circonvallation. Pour le blé, il harcèle de demandes les Boïens et les Héduens ; les uns manquant de zèle n’apportaient qu’une aide médiocre ; les autres manquaient de moyens car ils ne formaient qu’un petit état de faibles ressources et ils eurent tôt fait d’épuiser ce qu’ils possédaient. L’armée souffrait d’une grande disette à cause de la pauvreté des Boïens, de la mauvaise volonté des Héduens, et par ce qu’on avait mis le feu aux granges : ce fut au point que pendant de longs jours les soldats manquèrent de pain, et n’échappèrent aux horreurs de la famine que grâce à quelque bétail qu’on amena de lointains villages ; pourtant , dans cette situation, on ne les entendit pas proférer une parole qui fut  indigne de ce qu’ils devaient au peuple romain et à leurs précédentes victoires. Bien plus, comme César visitant les travaux, adressait la parole à chaque légion et disait que si les privations leur étaient trop pénibles, il renoncerait au siège, ce fut un cri unanime pour le prier de n’en rien faire : « Ils avaient pendant de longues années servis  sous ses ordres sans subir aucun affront, sans jamais s’en aller en laissant inachevé ce qu’ils avaient entrepris : ils considèreraient comme un déshonneur d’abandonner le siège commencé ; ils aimaient mieux tout souffrir plutôt que de ne pas venger les citoyens romains qui, à Génabum, avaient été victimes de la perfidie des Gaulois » . Ils exprimaient aux centurions et aux tribuns les mêmes sentiments, afin que César en fut informé par eux.

Chap XVIII   Déjà les tours étaient proches du rempart quand César apprit par les prisonniers que Vercingétorix n’ayant plus de fourrage, avait rapproché son camp d’Avaricum, qu’il avait pris en personne le commandement de la Cavalerie et de l’infanterie légère exercée à combattre parmi les cavaliers et était parti pour dresser une embuscade à l’endroit où il pensait que les nôtres viendraient fourrager le lendemain. A cette nouvelle César parti au milieu de la nuit en silence et parvint le matin au camp des ennemis. Mais leurs éclaireurs les avaient rapidement avertis de son approche : ils cachèrent  leurs chariots et leurs bagages dans l’épaisseur des forêts, et rangèrent toutes leurs troupes sur un lieu élevé et découvert. Quand César l’apprit , il fit promptement rassembler les  sacs ( sarcinas)et prendre la tenue de combat.

Chap  XIX   La position de l’ennemi était une colline qui s’élevait en pente douce. Elle était entourée presque de toutes parts d’un marais difficile à traverser et plein d’obstacles, dont la largeur n’excède pas  cinquante pieds. Les Gaulois avaient coupés les passages et, confiants dans la force de leur .position, ne bougeaient .pas de leur colline ; rangés par cités, ils occupaient solidement tous les gués et tous les fourrés, prêts , au cas où les Romains s’engageraient dans le marais en essayant de le franchir, à profiter de leurs embarras pour fondre sur eux du haut de leur colline : qui ne voyait que la proximité des deux armées croyait les Gaulois disposés à engager le combat à armes à peu près égales ; mais pour qui se rendait compte de l’inégalité des positions, leur contenance apparaissait comme une vaine parade. Les soldats s’indignaient que l’ennemi pût à une si courte distance soutenir leur vue et réclamaient le signal du combat ; mais César leur explique ce que coutera nécessairement la victoire, combien de braves il faudra sacrifier ; devant tant de résolution, quand ils acceptent  tous les dangers pour sa gloire, il mériterait d’être taxé de monstrueux égoïsme, si leur vie ne lui était pas plus précieuse que la sienne propre. Ayant consolé les soldats par ces paroles, il les ramène au camp le jour même, et prend les dernières mesures pour l’assaut de la place.

Chap XX   Vercingétorix accusé de trahison- Son discours    .........Il était parti avec toute la cavalerie, il avait laissé des forces importante sans leur donner de commandant en chef, enfin les Romains après son départ étaient arrivé bien vite…………. Il avait déplacé le  camp : c’était par ce que le fourrage manquait et eux-mêmes y avaient poussés. Il s’était rapproché des Romains : il y avait été déterminé par les avantages de la position, qui se défendait d’elle-même………………………….. 

Chap XXI    …………………………………………………….

Chap XXII  Habile défense d’Avaricum       A l’exceptionnelle valeur de nos soldats les Gaulois opposaient toutes sortes de moyens : C’est une race d’une extrême ingéniosité et ils ont une singulière aptitude à imiter ce qu’ils voient faire. A l’aide de lacets, ils détournaient les coups de nos faux, et quand ils les avaient bien serrées dans leurs nœuds, ils les tiraient avec des machines à l’intérieur des remparts ; ils faisaient écrouler notre terrassement en creusant des sapes, d’autant plus savants dans cet art qu’il y a chez eux de grandes mines de fer et qu’ils connaissaient et emploient tous les genres de galeries souterraines. Ils avaient garni toute l’étendue de leurs murailles de tours reliées par un plancher et protégées par des peaux ; De plus faisant souvent jour et nuit des sorties ou bien ils  mettaient le feu à notre terrasse ou bien ils attaquaient nos soldats en train de travailler ; à mesure que l’avance quotidienne de nos travaux augmentait la hauteur de nos tours, ils haussaient les leurs en proportion en reliant entre eux les poteaux verticaux qui en constituaient l’ossature ; ils entravaient l’achèvement de nos galeries en lançant dans les parties encore découvertes des pièces de bois taillées en pointe et durcies au feu, de la poix bouillante, des pierres énormes, et nous interdisaient ainsi de les prolonger jusqu’au pied des murs.

 

Chap XXIII   Les Murs Gaulois   ……………………………………………………………………

Chap XXIV    Tout cela mettait obstacle au siège ; les soldats étaient en outre retardés dans leurs travaux par un froid opiniâtre et de pluies continuelles ; ils surent néanmoins, en travaillant sans relâche, venir à bout de toutes ces difficultés, et en vingt jours ils construisirent une terrasse qui avait trois cent trente pieds de large et quatre vingt pieds de haut. Elle touchait presque le rempart de l’ennemi et, César qui selon son habitude passait la nuit sur le chantier, exhortait ses soldats à ne pas perdre un instant, quand un peu avant la troisième heure remarqua que fumée s’élevait de la terrasse ;  l’ennemi y avait mis le feu par une mine. Au même instant, tout le long du rempart une clameur s’élevait et les ennemis faisaient une sortir par 2 portes, de chaque coté des tours. D’autres jetaient du haut des tours sur la terrasse des torches et du bois sec, ils versaient de la poix et tout ce qui est de nature à activer l’incendie : il était difficile dans ces conditions de régler la défense, de décideroù il fallait d’abord se porter et à quel danger il fallait parer. Pourtant, comme César avait établi  que deux légions devaient toujours veiller devant le camp, et  d’autres troupes en plus grand nombre travailler en se relayant, la défense s’organisa vite : les uns tenaient tête aux ennemis qui débouchaient des portes, les autres ramenaient les tours en arrière et faisaient une tranchée dans le terrassement, tandis que toute la masse des soldats du camp accourait  pour éteindre le feu.

Chap XXV   Le reste de la nuit s’était écoulé et on combattait encore sur tous les points ; l’espoir de vaincre se ranimait sans cesse chez l’ennemi, d’autant plus qu’il voyait les mantelets des tours consumés par le feu et qu’ils se rendaient compte de la difficulté qu’éprouvaient les nôtres pour venir à découvert au secours de leurs camarades ; toujours des troupes fraîches remplaçaient  les troupes fatiguées ; tout le sort de la Gaule leur paraissait dépendre de cet instant. Il se produisit alors à nos regard  quelque chose qui nous paru digne de mémoire et que nous n’avons pas cru devoir passer sous silence. Il y avait devant une porte un Gaulois qui jetait vers la tour en feu des boules de suif et de poix qu’on lui passait de main en main ; un trait  parti d’un scorpion lui perça le flanc droit et il tomba sans connaissance. Un de ses voisins, enjambant son corps, le remplaça dans sa besogne, il tomba de même, frappé à son tour par le scorpion ; un troisième lui succéda, et au troisième un quatrième et le poste ne cessa d’être occupé par des combattants jusqu’ au moment où, l’incendie ayant été éteint et les ennemis repoussés sur tout le front de bataille, le combat pris fin.

Chap XXVI    Ayant tout essayé et toujours sans succès, les Gaulois le lendemain décidèrent d’abandonner la ville : Vercingétorix les y exhortait, le leur ordonnait.  En tâchant d’effectuer cette opération dans le silence de la nuit ils espéraient y réussir sans trop de pertes parce que le camp de Vercingétorix n’était pas très loin de la place et que le marécage qui formait entre celle-ci et les romains une ligne continue retarderait la poursuite. Ils faisaient déjà leurs préparatifs, la nuit venue quand soudain les mères de famille accoururent sur les places et se jetant en larmes à leurs pieds, les supplièrent de mille façon de ne pas les livrer à la cruauté de l’ennemi, elles et leurs commune progéniture à qui la faiblesse du sexe ou de l’âge ne permettait pas la fuite. Quand elles les virent inflexibles  ---en général dans les cas de péril extrême, l’âme en proie à la peur reste inaccessible à la pitié--- elles se mirent à crier toutes ensemble et à signaler aux romains le projet de fuite. Alors les gaulois, craignant que la cavalerie romaine ne leur coupât la route, renoncèrent à leur dessein.

Prise et Sac d’Avaricum.   Chap XXVII      Le lendemain César fit avancer une tour et redresser les terrassements qu’il avait entrepris ; là-dessus il se mit à pleuvoir abondamment, et ce temps lui parut favorable à l’attaque, car il observait quelques relâchements dans la garde du rempart ; il dit à ses soldats de ralentir leur travail, et leur fit connaître ce qu’il attendait d’eux . Il réunit secrètement les légions, en tenue de combat en deçà - ?- et les exhorta à cueillir enfin après tant de fatigues le fruit de la victoire ; il promit des récompenses pour ceux qui auraient les premiers escaladé le rempart, et donna le signal de l’assaut. Ils bondirent soudain de toutes parts et eurent vite fait de garnir la muraille.

Chap XXVIII     Les ennemis, surpris, se troublèrent et se laissèrent chasser du mur et des tours ; ils se reformèrent sur le forum et sur les places, résolus à faire front du coté d’où viendrait l’attaque et à livrer une bataille rangée. Mais quand ils virent qu’au lieu de descendre lutter de plain-pied nos soldats les enveloppaient en occupant toute la muraille, ils craignaient de se voir ôter toute chance de retraite et jetant leurs armes, ils gagnèrent d’un seul élan l’extrémité de la ville ; là, comme ils se pressaient devant l’étroite issue des portes, nos fantassins les massacrèrent, tandis que ceux qui étaient déjà sortis tombaient sous les coups de nos cavaliers. Personne ne pensa au butin ; excités par le souvenir du carnage de Génabum et par les fatigues du siège ils n’épargnèrent ni les vieillards ni les femmes ni les enfants. Bref  d’un ensemble d’environ quarante mille hommes, à peine huit cents qui s’enfuir de la ville aux premiers cris, arrivèrent sains et sauf auprès de Vercingétorix. Celui-ci craignant que leur arrivée tumultueuse et l’émotion que leur vue provoquerait dans une foule impressionnable ne fussent la cause d’une émeute, les reçut en pleine nuit et silencieusement, ayant pris soin de disposer sur la route à bonne distance du camp, ses compagnons d’armes et les chefs des cités, qui avaient pour mission de les trier et de conduire chaque groupe vers les divers quartiers assignés depuis le début de la campagne à chaque peuple.

 

 Le Texte de DION  CASSIUS       livre XL   an de Rome 701   traduction R Gros

Chap 34   Alors les Arvernes firent une nouvelle incursion chez les Bituriges, s’emparèrent de la ville d’Avaricum et s’y soutinrent longtemps. Plus tard ils furent assiégés par les Romains ; mais cette place, entourée d’un coté par des marais difficiles à traverser et de l’autre par un fleuve rapide était presque inaccessible . Les barbares, d’ailleurs très nombreux repoussèrent sans peine les assaillants et leurs causèrent souvent de grandes pertes par des excursions. Enfin ils incendièrent tous les lieux alentours, non seulement les campagnes  et les bourgs mais encore les villes qui leurs semblaient pouvoir être de quelques secours aux romains. Si les alliés des pays éloignés leurs envoyaient des vivres, les Arvernes s’en emparaient et les romains qui paraissaient les assiégeants avaient à souffrir des maux qui d’ordinaire pèsent sur les assiégés. Au moment où ils pressaient vivement la ville survint une pluie abondante accompagnée d’un vent violent ( on était presqu’en hiver ) et qui les ramena sous leurs tentes en même temps qu’elle contraignit les gaulois à rentrer dans leurs maisons. Aussitôt qu’ils se fussent éloignés, les romains attaquèrent de nouveau à l’improviste les remparts pendant qu’ils étaient dépourvus de défenseurs, prirent d’assaut une tour avant que l’ennemi ne se doute de leur présence, s’emparèrent sans peine du reste de la ville, la pillèrent toute entière et passèrent les habitants au fil de l’épée pour se venger de la longueur du siège et des maux qu’ils avaient endurés.

 

Remarque sur le texte : on se rend compte que Dion Cassius a, soit par des données partielles soit  tronquées, a commenté les mêmes événements, mais avec des divergences notables.

 

 

 

 

 

RAPPEL  des évènements

 

L’action se situe au début de 52 B.C. à la fin de l’hiver. Vercingétorix est en train de mettre sur pieds  une coalition générale contre  César.

 Après avoir fait une incursion dans les Cévennes (B.G. VII ; 8 ) en plein hiver, César se prépare à riposter. Il rassemble ses légions vers Agedincum (Sens ) et part vers le pays boïen ( B.G. LivreVII / 10 ) pendant que Vercingétorix se querelle avec les Bituriges  puis part mettre le siège à Gorgobina , ville principale du contingent boïen venus de Hongrie via la Suisse en Gaule,

  N.B. Gorgobina est probablement dans le Bourbonnais actuel vers Nevers en dépit de la thèse officielle que soutient  V Kruta, qui la  met vers Sancerre, ce qui semble peu crédible pour les 2 raisons qui suivent : 1)  au livre I, chap XXVIII le B.G. dit que les rescapés boïens, bons guerriers,  furent récupérés par les Héduens qui les installèrent sur leurs terres.

 Une zone frontalière s’impose comme lieu d’accueil . La frontière arverne/héduen semble plus propice que la limite nord avec les Lingons et Sénons, mal définie au nord de la Loire qui ne pose pas de problème aux Héduens. De plus Sancerre est en pays biturige et de l’autre coté de la Loire.

                                                            2)  Vercingétorix met un certain temps pour arriver, mais il suit César et installe, ce qui semble le plus raisonnable,  son 1er camp entre Sancerre et Bourges, à 24 km d’Avaricum lorsque César en commence le siège.

  César qui était parti vers le pays des Boïens, prend d’abord Vellaudunum puis il s’attaque à Génabum ( Orléans ) où des Romains ont été massacrés, prend par surprise la ville, la pille  et l’incendie, traverse la Loire puis reprend sa route vers le pays des Boïens et en passant prend la ville de Noviodunum (localisation inconnue ) , ce qui donne le temps à Vercingétorix d’arriver, avec ses troupes.

N.B. comme on le dira plus loin, Genabum fut reconstruit plus tard sous les premiers empereurs et au même endroit en contradiction avec ce que nous dirons car la position de ce pont important était imposée par la nature, à cause des îles.

  César va mettre le siège devant Avaricum la belle capitale biturige, au centre d’une région fertile ;  cet oppidum qui compte environ 40 000 h est  protégé par de l’eau courante (flumen)) et des marais plus un solide rempart fait selon la technique du murus gallicus. Camille Jullian assimile cet oppidum à Bourges, comme cela est la tradition.

 Commentaires inspirés par l’Histoire de la Gaule de Camille Jullian livre XII ; chap 7 et 8

 Camille Jullian  situe Avaricum au S.E. de l’emplacement actuel de Bourges. César campe, dit  C. Jullian, devant un soi-disant étroit passage de terre ferme au SE entre l’Auron et l’Yèvre , laissé par ces eaux (a flumine et paludibus), au carrefour de 5 rivières,  qui à ce moment de l’année ( Mars, Avril )sont en crue et forment  un grand marécage . Il situe  la Terrasse Romaine  devant l’Esplanade actuelle qui serait là où était  le murus gallicus mais plus bas de quelques mètres ? ( entre la place de Sérancourt et la rue Dun/ Auron) sur 500 m de long même si l’isthme est  plus large ( un bon 750 m) . Il y aurait donc entre l’eau et le rempart un bon écart.

   C.Jullian prend acte que Vercingétorix s’est arrêté à 24 km d’Avaricum, ce qui  met ce camp  en contre-bas  de la Colline des  bois d’Humbligny. Il ne se pose pas de question sur les trajets des fourrageurs, allant s’approvisionner vers les Aix d’Angillon : Ces soldats avaient à faire un long détour et traverser l’Yèvre et la Langis.  Le Gaulois met son camp n° 2 entre Les Aix et Ryans, en se rapprochant d’Avaricum, car victime de sa technique, il est lui aussi à court de fourrage. Ce camp est à une demi-nuit de marche du camp d’Avaricum et à une demi-nuit du camp n°1.

 

Hypothèse Berthier /Berger

  Des 5 rivières émerge L’AVARA ou Yèvre  qui a un nom qui rappelle Avaricum, ce qui appelle réflexion/ rapprochement.  L’hypothèse Berthier/Berger met l’ oppidum d’Avaricum juste à l’ Ouest de St Germain sur un éperon marneux enfermé par les eaux courantes et marais, entre l’Yèvre et la Langis, sauf à l’Est , à hauteur de St Germain où on a un vrai rétrécissement qui fait dans les 750 m de large et délimite une superficie de bonne taille, environ 6 km2, ce qui convient pour 40 000 habitants ; la ville est entourée par un murus gallicus construit de telle façon que faire une circonvallation n’était pas réaliste selon César.

Cela a l’avantage de ne pas mettre la ville actuelle de Bourges à l’endroit de la ville détruite . En plus à 24 km on a les bois sur la hauteur d’Humbligny, ceinturés de rus marécageux à l’époque, valables pour servir de camp n° 1 à Vercingétorix et à une demi-nuit de marche on a le camp n°2. Le marais  qui entoure ce dernier suggère une forêt inondée plus qu’un marécage permanent.

De nos jours les travaux d’assèchement ont modifié l’ensemble du paysage, en particulier L’Auron, au SO de Bourges a été complètement remodelé et traverse la ville actuelle de Bourges entre 2 quais ; les Marais au carrefour de l’Yèvre et du Colin sont devenu des jardins citadins et l’Yèvre  est  domestiquée.

  L’emplacement choisi par J Berger, entre Bourges et St Germain du Puy peu étudié à ce jour car ex terres militaires, est bien entouré d’eaux courantes et/ou stagnantes qui rendent une circonvallation irréaliste,  mais rien ne s’oppose à la construction d’un murus gallicus continu sur cet éperon. En outre il y a bien 24 km entre cet emplacement et la colline de Humbligny, notre camp n°1 de Vercingétorix. Je rappelle que César arrivait d’Orléans en chemin pour le pays boÏen donc Vercingétorix qui le suit ne doit pas être vers le Sud du site.

  En allant vers Avaricum on observe au N.E des Aix d’Angillon une petite hauteur ( voir la carte n° 4) culminant sur la colline de St Géols, avec des ruisseaux autour, convenable pour y installer le camp n° 2 de Vercingétorix,( qui vaut bien la  colline de Berger de St Eloy /Gy ) et complète le schéma général de César que les cartes suivantes illustrent

 

 

Carte IGN actuelle avec notre emplacement pour Avaricum.

 

 

 A l’Ouest, entre Bourges et St Germain du puy, à l’emplacement d’un ex- terrain militaire,  J Berger positionne Avaricum:  Il met  le camp n° 2 des Gaulois à St Eloy de Gy ( coin NO de la carte ci-dessus ). Il ne parle pas du camp n° 1


 

 

 

 

 

Carte Géologique         qui souligne le lit de l’Yèvre alias Avara, l’éperon barré entre l’Yèvre et la Longis.   En blanc  on voit le lit actuel des rivières et les marais altérés par les assèchements récents.  Les terrains sédimentaires mous du Tertiaire qui participent aux marécages sont en mauve clair ; ils sont peu présents sur cet extrait mais  pullulent plus au nord ; en bleu-vert ce sont les terrains crétacés solides faits en calcaire et argile.  Cette carte illustre également au confluent de l’Yèvre et du Colin ce rétrécissement de l’éperon, seul accès en terre ferme d’Avaricum.

 

 

 

 

Carte de Bourges sous Louis XV.  En rouge les 2 emplacements d’Avaricum selon le dessin approché de Cassini  = (1) selon Jullian ; (2) selon nous.


On voit bien que le Gallo-romains ont proliférés sur le nouvel emplacement.

 

 

 

 

Plan de position général : en  rouge les 2 emplacements pour Avaricum,

 

En bistre les 2 camps de Vercingétorix : le premier, le plus au nord sur la  hauteur boisée de HUMBLIGNY à 24 km NNE de notre Avaricum puis plus vers Avaricum, le  camp n°2 sur une hauteur à l’ENE d’Aix d’Angillon.

 

 

 

 n.b. du géologue : Les plaques résiduelles des terrains tertiaires, essentiellement du tout venant  alluvionnaires, sont très favorables à l’installation de marécages, érodés en partie depuis ce temps, c’est une caractéristique du  Pays Fort du Berry qui n’est que creux et bosses.

Ces 2 positions de Vercingétorix avaient été remarquées par Camille Jullian et R Holmes, mais se comprenaient mal avec Avaricum au SE de Bourges: les 24 km n’y étaient pas, à 3 km près . Faire faire des corvées de ravitaillement dans cette configuration, vers Les Aix d’Angillon se concevait mal.

J Berger ne donne pas de précision sur le premier camp car il se résigne sans détail, à mettre le deuxième  vers St Eloy en Gy similaire à celle d’Aix d’Angillon. Il lui manque une hauteur pour placer premier camp plus au nord.

 

 

                     Discussion  sur la  Position Géographique

                                         d’  Avaricum

La position géographique d’Avaricum, qui est notre sujet principal n’a pas inspiré les auteurs à part de mettre  la Capitale des Bituriges  dans le Grand Bourges . Il nous semble bien que le site  d’ Avaricum se situe dans ce secteur, i.e sur l’Avara et autres cours d’eau et marais.

 Une lecture attentive du texte insiste sur le passage par la terre ferme marqué par un rétrécissement qui a retenu l’attention de J.Berge, nettement plus visible à St Germain qu’à Bourges, en dépit des efforts littéraires de C. Jullian. Dion Cassius lui oublie la terrasse ?  Cet éperon illustre mieux la fin du siège au chap XXVIII ou le B.G. parle de l’autre extrémité de la ville et de l’étroitesse de la porte, ce qui suggère une ville allongée.

 L’hypothèse de J Berger à l’Ouest de St Germain sur cet ex-terrain militaire est plus satisfaisante, surtout si on prend la colline de Humbligny comme  premier camp de Vercingétorix suivant en cela Camille Jullian, ce qui est plausible et que J. Berger passe sous silence car cela perturbe son hypothèse de St Eloy en Gy. Je privilégie pour le camp n°2 la position vers les Aix d’Angillon de Camille Jullian pour la compréhension des circuits fourragers. Ceux-ci étaient quotidiens, avec chariots et ne devaient pas apprécier  la traversée de rivières en crue.

  L’hypothèse de J. Berger est plus favorisée par le texte du B.G. qui dit qu’au moment de la fin tragique du siège, les 800 rescapés, probablement des arvernes ou des alliés, se réfugient au camp n° 2 ,  peu éloigné ( sans précision ).

 

SUITE  et FIN

 

La description du déroulement du siège se lit bien dans le B.G. et ne demande pas de commentaire et donc nous n’avons  rien à dire de plus. Camille Jullian  a commenté la bataille mais a inventé des détails qui n’améliorent rien.

 Avaricum fut reconstruite à 3  km vers l’O.S.O pour être sur la terre  ferme comme le montre la carte de Cassini. Elle changera de nom et sera Bourges dont la configuration actuelle date des Gallo-romains .

 On peut ajouter cependant, que les gaulois n’ont pas du réaliser leurs malheurs à temps, si bien qu’ils ont abandonné la ville intacte et que César y prend le temps de réorganiser ses troupes pour la suite et les légionnaires ont  pu y manger, se refaire des forces, se détendre avant d’en partir les uns pour Gergovie, les autres pour Lutèce via Agedincum/(Sens).

 

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Sous-pages (1) : Eburons et Ambiorix
ĉ
Claude Delas,
27 août 2013 à 05:57
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